La fête de Noël

Publié le par Théo


Dès le premier siècle avant J.-C., on célébre à Rome le culte de Mithra, divinité perse de la lumière, importé par les légionnaires romains. Le 25 décembre, pour le solstice d'hiver, on fête la naissance de Mithra, le soleil invaincu (Dies natalis solis invicti), en sacrifiant un jeune taureau.
En 274, l'empereur Aurélien déclare le culte de Mithra comme religion d'état et fixe la célébration officielle du solstice au 25 décembre.
Au début du christiannisme, la fête de Noël n'existait pas. C'est seulement à partir du IIe siècle que l'Église catholique cherche à déterminer le jour de la naissance de Jésus sur lequel les évangiles ne disent rien. Des dates différentes sont proposées : le 6 janvier, le 25 mars, le 10 avril… Finalement, sans doute pour faire concurrence à la fête païenne de la naissance de Mithra, l'Église choisit le 25 décembre comme date de naissance de Jésus.
En 312, l'empereur Constantin abandonne le culte de Mithra et déclare le christiannisme comme religion d'état. Quelques années plus tard, il fixe officiellement la date de Noël au 25 décembre.
En 354, le pape Libère instaure la célébration du 25 décembre qui marque le début de l'année liturgique. Cette date a une valeur symbolique. En effet, en s'inspirant de Malachie 3/19 et Luc 1/78, on considére la venue du Christ comme le lever du "Soleil de justice". La fête de Noël, le jour du solstice d'hiver, célèbre ainsi la naissance de Jésus, soleil de justice.
Progressivement, la fête du 25 décembre arrive en Gaule et en Orient : en 379 à Constantinople, au début du Ve siècle en Gaule, au milieu du Ve siècle à Jérusalem et à la fin du Ve siècle en Égypte.
En 425, l'empereur Théodose codifie officiellement les cérémonies de la fête de Noël. La fête est devenue exclusivement chrétienne.
En 506, le concile d’ Agde en fait une fête d’obligation et en 529, l’empereur Justinien en fait un jour chômé.
Puis la fête de Noël se répand un peu partout en Europe : à la fin du Ve siècle en Irlande, au VIIe en Angleterre, au VIIIe en Allemagne, au IXe dans les pays scandinaves et au Xe dans les pays slaves.
A partir du XIIe siècle, la célébration religieuse s'accompagne de drames liturgiques, les "mystères" qui mettent en scène l'adoration des bergers ou la procession des mages.
Les crèches d'église apparaissent en Italie au XVe siècle et l'arbre de Noël en Allemagne au XVIe siècle. Puis les crèches familiales, napolitaines puis provençales, se développent a partir du XVIIe siècle.
Au moment de la Réforme, en 1560, les protestants s'opposent à la crèche et préfèrent la tradition de l'arbre de Noël. Avec la contre réforme au XVIIe siècle, les représentations des drames liturgiques sont interdites parce qu'elles sont devenues trop profanes.
Au XIXe, le père Noël apparaît aux États-Unis. Il se répand en Europe après la deuxième guerre mondiale.
Depuis le XXe siècle, Noël est devenu principalement une fête de l'enfant et de la famille.

Le mithraïsme

Dans l'empire romain les adorateurs de Mithra formaient comme une société secrète. Les initiés étaient soumis à des épreuves très rigoureuses, après lesquelles on leur conférait une sorte de baptême. On les marquait ensuite d'un sceau, puis ils étaient couronnés et armés. Cette dernière cérémonie terminée, les assistants les saluaient du titre de frères d'armes. Toute la confrérie mithriaque se divisait en sept degrés ou grades, selon le nombre des planètes, formant une échelle aux sept échelons, et placées sous la protection de sept divinités (Saturne, Vénus, Jupiter, Mercure, Mars, la Lune, le Soleil). Ces grades étaient, en allant des plus bas aux plus élevés, ceux des soldats, des lions ou hyènes, des corbeaux, des griffons, des perses, des soleils et des pères. Ceux qui parvenaient à la plus élevée portaient le titre de pater patratus ou grand pontife. Les mystères mithriaques se célébraient dans des grottes et dans des antres. A Rome, le temple de Mithra était creusé sous le mont Capitolin. Il paraît qu'on y offrait au dieu des sacrifices humains mais les Perses, eux, sacrifiaient des chevaux ; on prétend que l'empereur Commode lui-même immola des hommes. Plus tard, ces sacrifices sanglants furent remplacés par une oblation de pain, d'eau et de vin. Ce culte fut détruit au IVe siècle.

Publié dans Petites histoires

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